National
19 juillet 2008
|
L'avocat a exhorté la province à ordonner une enquête sur le travail du policier.
Des transcriptions d'échanges entre les deux hommes ont été rendues publiques lors de l'enquête préliminaire du militant Shawn Brant, vendredi. M. Brant fait face à neuf chefs d'accusation en lien avec le blocus de l'autoroute 401, près de Kingston, le 29 juin 2007, à l'occasion de la Journée nationale d'action des autochtones.
Ces transcriptions indiquent que le commissaire a signalé à M. Brant qu'il ferait tout ce qu'il pouvait pour détruire sa réputation. Elles laissent également entendre que M. Fantino a affirmé au militant que son "monde allait s'écrouler" et qu'il subirait de "graves conséquences" si le blocus n'était pas levé.
Etant appelé en cour à préciser ce qu'il entendait par de "graves conséquences", M. Fantino a été tranchant. "La mort. Dudley George a souffert de graves conséquences", a-t-il lancé, faisant référence à la mort de ce protestataire autochtone sous les balles d'un policier, dans le parc provincial d'Ipperwash en 1995.
Les propos du commissaire contrastent parfois avec les directives de la police en matière de relations avec les autochtones. Celles-ci recommandent lors d'incidents critiques que la police locale des Premières Nations jouent un rôle de premier plan dans la résolution du conflit.
Dans le cas du blocus de l'autoroute 401, le 29 juin 2007, M. Fantino a pris en charge, dès son arrivée sur les lieux, les négociations entreprises par la police locale.
"Une personne qui lit ces transcriptions, et qui est au courant des événements d'Ipperwash, ne peut que conclure qu'il y a un danger à garder Fantino à la tête du corps de police", a argué Me Rosenthal.
Vendredi, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, alors à Québec pour le Conseil de la fédération, a indiqué que le commissaire avait le plein soutien du gouvernement provincial.
Un porte-parole de M. McGuinty a confié samedi que rien n'avait changé à la lumière du dévoilement en cour des transcriptions des propos de M. Fantino.
Un porte-parole de la police de l'Ontario a indiqué qu'il serait innaproprié de commenter l'affaire pendant que le processus judiciaire suivait son cours.
Me Rosenthal a confié en point de presse que la conversation avait été enregistrée sur le cellulaire de Shawn Brant sans ordonnance de la cour. L'avocat a fait valoir que le Code criminel permettait une telle pratique dans des situations extrêmes, soutenant que de nombreuses mises en garde en Ontario avaient précédé la Journée nationale d'action des autochtones en 2007.