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01 août 2008

Sports | Vendredi 01 aoû 2008 | 15:16

La quête de commandites, un passage obligé pour une «recrue»

Par Marc Tougas, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - On peut imaginer le tollé que cela provoquerait si Bob Gainey disait à Patrice Brisebois qu'il pourrait s'aligner avec le Canadien cette saison, à la condition qu'il "amène" 200 000 $ en commandites avec lui.

C'est pourtant considéré normal en course automobile. C'est ce qui fait qu'un jeune pilote prometteur comme Andrew Ranger n'a eu un volant qu'à la dernière minute pour la course montréalaise de la série Nationwide, et qu'un ancien champion de F1, de CART et des 500 milles d'Indianapolis comme Jacques Villeneuve doive encore faire des pieds et des mains pour se dénicher un volant à temps plein en NASCAR.


"C'est bizarre - quand tu vois qu'un champion du monde, Jacques Villeneuve, a de la difficulté aussi... c'est comme ça maintenant. C'est très difficile et il faut travailler fort", a noté Ranger cette semaine à l'île Notre-Dame.


"ll faut faire son chemin, c'est ce qu'il faut faire pour entrer - une fois que tu es dedans, ça va. Je ne pense pas que les Kyle Busch, Jeff Gordon et Jimmie Johnson doivent trouver des commanditaires, a souligné Villeneuve lors d'un point de presse, vendredi. Mais c'est comme ça, il y a beaucoup de pilotes qui sont habiles, qui veulent courir, qui sont issus de courses américaines."


"Les jeunes Américains se retrouvent sur terre battue à l'âge de six ans, puis ils gravissent les échelons et se retrouvent vite à l'échelle nationale. Ce qui fait que rendu à 17 ans, ils sont de vraies fusées. C'est donc très compétitif, et c'est ce qui explique qu'il y ait moins de places pour les Canadiens (en NASCAR), a expliqué Carpentier, vendredi. Au Canada, on conduit des moto-neiges en hiver."


Villeneuve voit la recherche de commandites comme un passage obligé, mais aussi comme une façon pour un pilote de prouver à une écurie qu'il est sincère et déterminé dans ses démarches.


"C'est plus une question de montrer à quel point j'ai envie de faire ce métier-là. (Les équipes de NASCAR) ne veulent pas d'un pique-assiette", a-t-il dit.


Villeneuve se verra donc obligé de réaliser un coup d'éclat, samedi, à l'occasion de la course de la série Nationwide au circuit Gilles-Villeneuve, même si, juge-t-il, un bon résultat ne prouverait pas grand-chose aux dirigeants des écuries de la Coupe Sprint.


"Un bon résultat aiderait du côté des commanditaires, mais ça n'aurait aucun effet sur les équipes, parce que (la course de samedi) sera disputée sur circuit routier, a déclaré Villeneuve. Ce qui importe aux équipes, c'est ce qu'on peut faire sur les ovales."


Carpentier a reconnu lui aussi que la course montréalaise de la série Nationwide pourrait aider Villeneuve et Ranger à s'ouvrir des portes en NASCAR, mais jusqu'à un certain point seulement.


"Ca peut toujours aider si tu domines tout le week-end, a dit Carpentier, qui avait justement fait cela l'année passée, en obtenant des bons résultats aux essais, en décrochant la position de tête en qualifications, puis en terminant deuxième dans la course.


"Mais en même temps, c'est plus dificile maintenant que ça l'était. Je ne pense pas qu'on va voir autant de pilotes issus des circuits de monoplaces s'amener en NASCAR à chaque année, comme ç'a été le cas cette année.


"Ils ont tenté l'expérience avec plusieurs pilotes cette année, mais la moitié d'entre eux ne sont déjà plus là. C'est difficile de passer d'une série à l'autre, alors je pense que ce sera difficile (pour Villeneuve et Ranger). Ce qui m'a aidé l'an dernier, c'est que Monsieur (George) Gillett s'est retrouvé avec l'équipe (Evernham)... le fait qu'il soit propriétaire du Canadien de Montréal, le 'timing' était bon avec la voiture no 10, l'arrivée de plein de nouveaux commanditaires - et il y avait aussi l'arrivée de la Voiture de demain.


"Ca allait être la première année de la Voiture de demain, cette année, aucun pilote n'avait de l'expérience avec elle, alors les équipes se disaient qu'elles n'avaient rien à perdre à prenant une chance avec des pilotes comme moi. Mais là, tout le monde est en train d'emmagasiner de l'expérience, alors ça va devenir de plus en plus difficile (pour ceux qui n'en ont pas)."


Villeneuve voit lui aussi les choses de manière réaliste, mais ça ne l'empêchera pas de continuer à frapper à la porte.


"C'est sûr que si j'avais essayé la même chose en 1998, après avoir remporté le championnat du monde (de F1), ç'aurait été beaucoup plus facile. C'est logique. Mais au bout du compte, bien qu'on ait beaucoup de respect pour ce que j'ai accompli, mon expérience en ovales n'est pas énorme, malgré ma victoire aux 500 milles d'Indianapolis. Finalement, ce que les équipes veulent savoir, c'est ce que tu peux faire au cours d'une saison entière, sur les ovales, et si tu es assez affamé pour courir. C'est le plus gros point d'interrogation."