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03 août 2008

International | Dimanche 03 aoû 2008 | 17:08

La fébrilité est à la hausse à Pékin à l'approche du début des JO

Par Jim Morris, LA PRESSE CANADIENNE

PEKIN - Malgré les accusations d'espionnage et les craintes que le gouvernement chinois impose une certaine censure, la fébrilité est à la hausse dans la métropole chinoise de Pékin alors que celle-ci se prépare pour les cérémonies d'ouverture de vendredi, qui marqueront le début des Jeux olympiques d'été.

Les premiers des plus de 10 000 athlètes provenant de plus de 200 pays ont commencé à arriver à Pékin. Ils ont été accueillis par des milliers de bénévoles qui avaient hâte de leur parler dans leur langue. Les 37 sites de compétition sont complétés et prêts à accueillir les 38 différents sports qui y seront pratiqués.

Le Canada, qui sera l'hôte des Jeux d'hiver de 2010, à Vancouver, enverra une équipe d'environ 330 athlètes et 150 délégués en Chine. L'objectif du Comité olympique canadien est de remporter suffisamment de médailles pour terminer parmi les 16 meilleurs pays.

La Hongrie avait terminé 16e aux Jeux d'Athènes en 2004 en vertu d'une récolte de 17 médailles, dont huit d'or. Le Canada avait raflé 12 médailles en Grèce, soit trois d'or, six d'argent et trois de bronze.

Les visiteurs qui s'attendaient à voir de gros nuages bruns d'air pollué à Pékin ont été accueillis par un ciel clair et bleu, dimanche. La température était d'environ 35 degrés Celsius et le soleil était très chaud.

Mais même en l'absence apparente de pollution, un nuage continuait de flotter au-dessus des JO.

Des journaux britanniques ont fait savoir que des officiels qui allaient aux Jeux avaient été prévenus par leur gouvernement qu'il y aurait une imposante présence d'espions à Pékin. Et le président du CIO, Jacques Rogge, a passé beaucoup de temps, au cours d'une récente conférence de presse, à répondre aux questions ayant trait à la censure de certains site Internet par le gouvernement chinois.

Sauf que ces problèmes-là ne préoccupaient pas Liang Shan au moment où celui-ci déambulait sur les sites olympiques.

"Les Jeux sont comme une fête, a déclaré l'étudiant en cinéma de 21 ans. Beaucoup de gens vont venir ici."

Shan a haussé les épaules quand on lui a demandé s'il était frustré que certains médias de l'ouest évoquent aussi souvent des dossiers comme la pollution et les violations des droits de l'homme lorsqu'ils abordent le sujet de la Chine.

"Chaque chose a deux têtes, a-t-il dit dans un anglais limité. Il y a plus de bonnes choses que de mauvaises choses avec les Jeux olympiques."

Shan a accepté qu'on mentionne son nom, mais d'autres personnes interrogées par La Presse Canadienne ont été plus prudentes.

Deux jeunes bénévoles des Jeux ont secoué la tête lorsqu'on leur a demandé si la Chine était décrite avec justesse par les médias d'Amérique du Nord.

"Je ne peux pas répondre à cela, a répondu calmement une femme. Nous ne parlons pas de cela."

Un étudiant de Shanghai a déclaré que la Chine a fait beaucoup de progrès, tant au chapitre de l'économie que des droits de l'homme, depuis 20 ans.

"Je pense qu'on voit encore la Chine comme un pays sous-développé, a-t-il dit. La vie s'améliore de plus en plus ici."

La tenue des Jeux à Pékin a forcé le gouvernement à améliorer la qualité de l'air dans la ville de 15 millions d'habitants, a-t-il souligné.

"Vous allez être ici un mois, puis vous allez retourner chez vous, a-t-il fait remarquer. Nous, nous serons ici pour le reste de notre vie."

Il y a une énorme différence entre l'atmosphère qu'on retrouve à Pékin présentement et celle qui régnait à Athènes tout juste avant les JO, il y a quatre ans.

Athènes se dépêchait pour tenter de tout finir à temps. Il y avait des bruits d'outils un peu partout dans les jours précédant les Jeux. Mais à Pékin, on ressent simplement un esprit de paix et d'anticipation. Comme un hôte qui fait des ajustements mineurs aux ustensiles sur la table en attendant que ses invités pour le souper ne sonnent à la porte.

Un homme, qui a préféré qu'on taise son identité, a dit espérer qu'on se souvienne des Jeux de Pékin pour ses exploits sportifs, et non pour des raisons politiques.

"Concentrons-nous sur les Jeux, a-t-il dit. Laissons les autres choses de côté pour quelque temps."