International
04 août 2008
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A Rome, environ 400 hommes et femmes ont été positionnés dans le métro et les gares ainsi que dans un centre d'accueil d'immigrants, a annoncé le ministère italien de la Défense. Ces soldats ne devraient toutefois pas patrouiller pour l'instant dans le centre historique de la capitale italienne.
A Milan, environ 150 soldats patrouillent autour de la cathédrale mais aussi à proximité de sites dits sensibles comme le consulat des Etats-Unis et la synagogue. Des soldats ont aussi été déployés à Naples, Bologne et Palerme, selon des médias italiens.
D'autres militaires viendront renforcer ce dispositif dans les jours qui viennent, pour atteindre un total de 3.000 hommes, a précisé le lieutenant-colonel Mario Busi.
La mesure décidée par le président du Conseil Silvio Berlusconi avait été approuvée par le Parlement le mois dernier et sera effective pour une période de six mois. Elle durcit également la législation contre les immigrants clandestins, associés par certains Italiens à la criminalité.
Le ministre de la Défense Ignazio La Russa a rejeté les critiques selon lesquelles les soldats feraient peur aux habitants, affirmant qu'au contraire cela pourrait répondre à leurs attentes concernant les problèmes de sécurité. Selon lui, les gens qui risquent le plus d'être effrayés sont "les voleurs, les violeurs, les criminels".
Après sa victoire aux élections en avril dernier, obtenue notamment sur des promesses de lutte contre la criminalité, Silvio Berlusconi a fait du retour à la loi et à l'ordre une priorité de son mandat.
Des voix se sont élevées pour critiquer ces mesures, assurant que les déploiements se termineront par une militarisation des villes. D'autres avancent l'argument inverse, estimant qu'un déploiement de 3.000 soldats n'est rien de plus qu'un spectacle destiné à rassurer l'opinion. Dans les années 1990, des soldats avaient été envoyés en Sicile pour aider la police dans ses investigations contre la Mafia.
Au mois de juillet, le Parlement italien a approuvé une loi durcissant les condamnations d'immigrants illégaux dans l'objectif de faire baisser la criminalité de rue.
Le texte prévoit l'allongement d'un tiers des peines de prison pour les contrevenants en situation illégale, et l'expulsion de tout étranger condamné à plus de deux ans de prison. La durée de détention légale provisoire en attente d'une reconduite à la frontière est passée de 60 jours à 18 mois. En vertu de la nouvelle loi, louer un appartement à un immigrant illégal devient également un délit.