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07 août 2008

Droits de l'Homme : Pékin rejette sèchement les critiques de Bush

International | Jeudi 07 aoû 2008 | 10:49

Droits de l'Homme : Pékin rejette sèchement les critiques de Bush

Par Christopher Bodeen, THE ASSOCIATED PRESS

PEKIN - Pékin n'apprécie pas qu'on lui fasse la leçon sur les droits de l'Homme, même et surtout à la veille de l'ouverture de ses Jeux olympiques. Fidèle à sa ligne, la Chine a rejeté jeudi toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, répliquant ainsi sèchement au président américain George W. Bush qui a exprimé sa «profonde inquiétude» sur la question des libertés dans ce pays.

Dans un communiqué publié juste avant l'arrivée du président Bush à Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères souligne que la Chine "s'oppose fermement à tout acte ou parole qui interfère dans les affaires intérieures d'autres pays, en se servant des droits de l'Homme, de la religion et d'autres questions".


"Le gouvernement chinois donne la priorité au peuple et se consacre à maintenir et à promouvoir les droits et libertés fondamentales de ses citoyens. Il s'agit de faits incontestables", ajoute le porte-parole du ministère, Qin Gang, dans une réponse en forme de fin de non-recevoir, diffusée sur le site Internet du ministère.


"Concernant les divergences (USA/Chine) sur les droits de l'Homme et la religion, nous plaidons toujours pour que les deux parties parlent sur une base de respect mutuel et d'égalité pour renforcer la compréhension, réduire les divergences et élargir le consensus mutuel", selon le communiqué.


Mais la Chine n'entend pas gâter sa fête olympique avec cette polémique et semble considérer l'incident comme clos. "Les faits prouvent une nouvelle fois que, malgré les divergences entre la Chine et les Etats-Unis, il y a un vaste éventail d'intérêts communs et une base de coopération", relève le ministère.


Jeudi matin, dans un discours prononcé lors de l'étape thaïlandaise de sa tournée asiatique, quelques heures seulement avant de s'envoler pour Pékin, George W. Bush a exprimé sa "profonde inquiétude" sur l'état des droits de l'Homme en Chine. Le président américain a ainsi exhorté Pékin à mettre fin aux détentions à caractère politique et à garantir la liberté de la presse, de réunion et de croyance.


Le président Bush, qui effectue sa dernière tournée dans ce continent à moins de six mois de son départ de la Maison Blanche, s'exprimait dans un centre de conférences de Bangkok, devant un parterre de diplomates étrangers, de ministres thaïlandais et de chefs d'entreprise. Ce discours est l'un des plus critiques jamais prononcés en public par Bush sur la Chine.


"L'Amérique exprime sa ferme opposition à la détention par la Chine de dissidents politiques, de défenseurs des droits de l'Homme et de militants religieux", a déclaré le président américain. "Nous défendons la liberté de la presse, la liberté de réunion et le droit du travail, pas pour nous opposer aux dirigeants chinois, mais parce que la seule façon pour la Chine de développer son plein potentiel est d'accorder une plus grande liberté à son peuple."


L'étape chinoise du président Bush, qui doit durer quatre jours, est surtout consacrée aux Jeux olympiques. Vendredi, après l'inauguration de la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Pékin, le chef de la Maison Blanche doit assister dans la soirée à la cérémonie d'ouverture des JO puis, durant le week-end, aux premières épreuves. Il doit rencontrer dimanche son homologue chinois Hu Jintao et s'envoler lundi pour Washington.