International
07 octobre 2008
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"Nous avons eu la surprise (...) d'entendre le président Karzaï appeler en gros au dialogue avec les talibans", a commenté le ministre lors de son audition devant les députés de la commission des Affaires étrangères. "Ce qui est étonnant, c'est que le président Karzaï a appelé le mollah Omar", a-t-il précisé. "C'est quand même un tout petit peu particulier, parce que le mollah Omar a entretenu avec Al-Qaïda des liens évidents."
Le président afghan a déclaré avoir demandé l'aide du roi Abdallah d'Arabie saoudite, en tant que "dirigeant du monde islamique", pour faciliter des pourparlers de paix avec les talibans.
"C'est son problème, c'est son pays", a ajouté le chef de la diplomatie française, qui n'a pas condamné cet appel à la négociation. "Si le président Karzaï (...) appelle à la négociation, en tout cas invite le mollah Omar, ça veut dire que quelque chose se passe avant les élections" présidentielles de 2009, a-t-il constaté.
Cet appel de M. Karzaï n'était "pas très étonnant", a encore tempéré Bernard Kouchner, "dans la mesure où beaucoup de ses alliés, des membres du gouvernement, des membres du Parlement, dans leurs provinces, parlent avec les talibans".
"Si des négociations s'entament, ce que je trouve souhaitable, (...) on ne pourra que (les) suivre et y participer, bien entendu", a ensuite précisé le ministre français, qui opère une distinction entre "les talibans les plus nationalistes" et ceux qui soutiennent "le djihad global" et y participent en organisant des "explosions dans le monde entier", des attentats-suicide et des assassinats.
Bernard Kouchner a aussi fait état de contacts avec les voisins de l'Afghanistan. "Il y aura une réunion, je l'espère à Paris, des pays environnants, à laquelle nous inviterons (...) l'Afghanistan bien sur, mais aussi le Pakistan et l'Iran", a-t-il dit. "Si on ne parle pas avec les gens autour, on ne parle avec personne."