International
04 avril 2008
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Evoquant le "coeur gros" et les larmes aux yeux la mémoire de ses amis disparus, M. Longuépée, président de l'Association des chasseurs madelinots, a accusé les organisations de défense des animaux de s'enrichir grâce à cette cause.
"J'aimerais ça être chez nous. J'ai quatre amis qui sont morts la semaine dernière, a-t-il dit devant un groupe de journalistes réunis au centre culturel canadien. Sur les sites Internet, vous savez ce qu'écrivent les abolitionnistes? Ils disent qu'il y a un Dieu pour les phoques et qu'ils espèrent que les phoques vont manger mon ami disparu. Vous pensez que ça ne nous choque pas? Ils profitent même de ces situations-là pour faire de l'argent."
Fils, petit-fils et arrière petit-fils de chasseur de phoques, Longuépée, 37 ans, accompagne une délégation canadienne venue faire campagne à Londres, Bruxelles, Paris, Berlin et Vienne contre un probable embargo européen sur les produits de la chasse aux phoques.
Leurs chances de renverser le courant semblent bien minces. Matraquée de photos sanglantes de blanchons (qu'on ne chasse plus depuis 20 ans) ou d'images de phoques "vivants crochetés et traînés à bord des bateaux" (diffusées vendredi encore par le Fonds international pour la protection des animaux), l'opinion française et européenne est sans doute très largement contre la chasse.
"Ce n'est pas juste une question de loups marins, estime pour part Denis Longuépée. Ca n'a rien à voir avec les phoques ni avec la façon dont on les tue. Ils vont continuer leurs campagnes de désinformation parce qu'ils profitent de la situation pour faire des millions."
Au cours des rencontres qu'il a eues à Londres, Bruxelles et Paris, Denis Longuépée a tenté de faire comprendre à ses interlocuteurs la réalité de la chasse aux phoques.
"Les gens nous prennent pour des barbares, mais ils sont scandalisés quand ils découvrent la vérité et nous encouragent à nous battre", a raconté le jeune homme.
A chacune des étapes de sa tournée, la délégation essaie de convaincre les médias que les méthodes de chasse ne sont "pas cruelles". Elle s'applique aussi à démontrer qu'un embargo éventuellement décrété sous prétexte que les phoques sont victimes de cruauté pourrait avoir des conséquences "indirectes sur d'autres activités de chasse, de pêche et d'élevage en Europe".
"Si on interdit la chasse aux phoques, comment pourra-t-on permettre le gavage des oies ou la chasse aux sangliers?", demande un responsable.