National
10 avril 2008
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Le chef de l'Action démocratique a ainsi réagi, jeudi, aux réticences exprimées par le gouvernement libéral et l'opposition péquiste face au rapport du président de la Commission de la représentation électorale sur la réforme de la carte électorale.
En vertu de ce rapport, 86 des 125 circonscriptions devraient être redécoupées. De même, pour des raisons démographiques, trois circonscriptions disparaîtraient en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et en Beauce et de nouveaux comtés seraient créés à Laval, en Montérégie et dans Laurentides-Lanaudière.
Le problème est délicat puisque si l'on ne fait qu'appliquer une formule mathématique, les régions qui se sont dépeuplées auront moins de représentation à l'Assemblée nationale, donc moins de poids politique. D'un autre côté, ces régions sont souvent aux prises avec d'importantes difficultés économiques, dans l'industrie de la forêt, par exemple, d'où l'importance d'avoir une solide représentation pour porter les dossiers.
Mercredi, le ministre responsable de la réforme, Benoît Pelletier, s'est montré très prudent, en affirmant qu'il commencerait par consulter l'opposition avant de trancher la question.
M. Dumont a d'abord blâmé le gouvernement libéral et les précédents gouvernements péquistes pour n'avoir rien fait pour les régions. "On est tous sensibles au poids des régions. Je vois le PQ et le Parti libéral qui tapent sur le directeur des élections. Non, ce n'est pas sur le directeur des élections qu'il faut taper, c'est sur le PQ et le Parti libéral, qui ont abandonné les régions, qui les ont laissées se vider d'économie, se vider de population, qui n'ont rien fait quand les jeunes s'en allaient des régions pendant 30 ans ou 40 ans. Aujourd'hui le pauvre directeur des élections, il ne fait qu'appliquer une mathématique à des régions que le PQ et le Parti libéral ont abandonnées, ni plus ni moins."
Le chef de l'ADQ s'est montré ouvert à la discussion pour tenter de résoudre le casse-tête. "On va tous regarder ce qui peut être fait. On a des limitations qui nous viennent de la Cour suprême du Canada quant à l'écart qu'il peut y avoir sur le poids des électeurs. Tout le monde regarde ça de bonne foi."
Il rejette toutefois l'option d'accroître le nombre de députés pour tenter de donner plus de représentation aux régions en croissance, tout en n'en soustrayant pas aux régions en décroissance. "Augmenter le nombre de comtés? Moi je ne sens pas ça dans la population. Je suis prêt à consulter là-dessus. Mais aujourd'hui, je n'ai pas l'impression que la demande et le souhait des Québécois, c'est qu'il faut qu'il y ait plus de comtés et plus de députés à l'Assemblée nationale. Le maire de Québec est en train de réduire le nombre de conseillers. A Montréal, il y a des gens qui demandent la même chose. Je n'ai vraiment pas le sentiment que les gens souhaitent qu'on augmente le nombre de comtés", a soutenu M. Dumont.
Complémentaires
M. Dumont a fait ces commentaires lorsqu'il a rencontré la presse, après avoir visité l'usine Cari-All, à Montréal-Est. L'usine, qui fabrique des paniers d'épicerie pour le marché canadien, est menacée de fermeture.
Il était accompagné de sa candidate aux élections complémentaires dans Pointe-aux-Trembles, Diane Bellemare. Des élections complémentaires auront lieu le 12 mai dans Hull, Bourget et Pointe-aux-Trembles.
La circonscription de Pointe-aux-Trembles a été rendue vacante par le départ du député péquiste et ancien chef André Boisclair.
Bien que Pointe-aux-Trembles et Bourget soient perçus comme des forteresses péquistes, M. Dumont garde espoir pour sa candidate vedette, une économiste et sa conseillère économique.
"On répond clairement à la question de tous ceux qui se disaient: l'ADQ, à Montréal, n'a pas vécu tous les succès voulus, à la dernière élection. Est-ce que dans des partielles, ils vont prendre ça au sérieux? On prend ça très au sérieux. On présente des candidatures de première qualité. La campagne va être à l'image des candidatures. Les organisations sont mises en place; les locaux sont ouverts. On fait le travail qu'il faut", a conclu M. Dumont.
Lors des dernières élections générales, en 2007, le chef péquiste André Boisclair l'avait emporté avec une majorité de plus de 6000 voix, récoltant 47 pour cent du vote exprimé, comparativement à 26 pour cent pour le candidat adéquiste et 18 pour cent pour le libéral.
Mme Bellemare fera face à l'ancienne députée péquiste du comté, Nicole Léger, qui avait cédé son siège à André Boisclair.