International
16 mai 2008
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Parmi les suspects issus des communautés turcophones, huit ont été arrêtés en France - à Mulhouse et dans le Rhône - et deux autres en Allemagne et aux Pays-Bas. Ils ont été placés en garde à vue par les enquêteurs de la Direction de la surveillance du territoire (DST).
"Les interpellations ont eu lieu à titre préventif", indique-t-on de source policière.
Agissant dans le cadre d'une commission rogatoire internationale émanant d'un juge antiterroriste parisien, les policiers cherchent notamment à déterminer si les suspects ont participé au financement du Mouvement islamiste d'Ouzbékistan (MOI), qui pourrait être lié à Al-Qada.
Ce mouvement, essentiellement basé au Kirghizistan voisin, a commis plusieurs attentats en Ouzbékistan et d'autres ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale. Le MOI, qui a eu des camps d'entraînement au Afghanistan, a soutenu les talibans avant l'intervention américaine. Certains de ses hommes ont fui vers les zones tribales pakistanaises où leur dirigeant, Tahir Iouldachev, avait exhorté l'an dernier ses hommes à mener des attentats suicide. Le groupe se fait désormais appeler le Mouvement islamiste du Turkestan, région turcophone qui s'étend sur plusieurs pays d'Asie centrale.
Otto Burgelin, procureur de Lorrach, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), a de son côté confirmé qu'un appartement a été perquisitionné et qu'un ressortissant étranger âgé de 35 ans a été arrêté tôt vendredi à Weil am Rhein, à proximité des frontières française et suisse. Il a précisé qu'une première requête pour la perquisition de l'appartement avait été envoyée en mai par les autorités françaises, élargie par la suite à l'arrestation du suspect.
Le dernier suspect est un Turc de 48 ans, arrêté vendredi matin "à la demande de la justice française" à Tilbourg, dans le sud des Pays-Bas, "soupçonné d'implication dans le financement du terrorisme", a fait savoir le ministère public néerlandais dans un communiqué. Selon ce dernier, la France soupçonne l'homme d'avoir récolté des fonds pour le mouvement dirigé par le fondamentaliste turc Metin Kaplan. La police néerlandaise a également perquisitionné deux maisons et saisi des ordinateurs, des téléphones, des chargeurs et ce qui "semble être un pistolet à air comprimé".