International
21 mai 2008
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Le chef des armées devrait être désigné dimanche par le Parlement, selon l'agence de presse officielle libanaise NNA. Il succédera au président pro-syrien Emile Lahoud, dont le siège était resté vacant depuis la fin de son mandat le 23 novembre 2007.
Après un an et demi de crise politique aiguë et une semaine de combats qui ont fait au moins 67 morts, le compromis trouvé à Doha est amer pour les alliés du gouvernement, et la victoire éclatante pour le Hezbollah. Le parti islamiste soutenu par la Syrie et l'Iran obtient en effet satisfaction sur ses deux revendications majeures: un droit de veto pour l'opposition dans un nouveau gouvernement d'unité nationale, et un redécoupage électoral qui donnera davantage de poids aux multiples petits partis lors des législatives de 2009.
Le ministre libanais des Télécommunications, Marwan Hamadé, a annoncé que le nouveau gouvernement se composerait de onze ministres de l'opposition, au lieu de six aujourd'hui, et 16 de la majorité anti-syrienne, les trois restant devant être attribués par le nouveau président. La crise avait été marquée en juin 2006 par le départ des ministres proches du Hezbollah.
M. Hamadé a ajouté que le gouvernement demanderait aux députés de la majorité partis en exil en raison des attentats visant les personnalités anti-syriennes de rentrer au Liban pour le vote de dimanche. Il a précisé que "l'accord interdit l'utilisation des armes dans les conflits internes" et appelle au dialogue "sur toute la question des armes".
A Beyrouth, la conclusion des négociations interlibanaises organisées depuis samedi par la Ligue arabe à Doha, au Qatar, a été saluée par des cris de joie et des coups de feu en l'air. L'opposition a immédiatement commencé à démanteler son camp de tentes qui paralysait le centre commercial de la capitale depuis plus d'un an.
L'accord "ouvre sur une nouvelle page pour le Liban", "même si nous sommes profondément blessés", a estimé le chef de l'étroite majorité parlementaire anti-syrienne, Saad Hariri. "Je sais que les blessures sont profondes, et ma blessure est profonde, mais nous ne pouvons construire le Liban que les uns avec les autres".
(le chef de la majorité libanaise antisyrienne Saad Hariri mercredi après la conclusion d'un accord de sortie de crise entre les factions libanaises réunies à Doha au Qatar, accord qui répond à plusieurs des principales exigences du Hezbollah chiite)
"Nous devons (...) jurer de ne jamais recourir aux armes pour régler nos différends politiques", a lancé pour sa part le Premier ministre Fouad Siniora. "Nous devons nous accepter les uns les autres et dialoguer pour résoudre les problèmes. Nous voulons vivre ensemble, et nous continuerons de le faire: nous n'avons pas le choix". Le chef du gouvernement soutenu par les pays occidentaux a exhorté les pays arabes à soutenir l'armée libanaise, qui est restée neutre dans les récentes violences.
Dans le camp adverse, Mohammed Raad, qui dirigeait la délégation du Hezbollah, a affiché un triomphe modeste, assurant qu'"aucune des parties n'a eu tout ce qu'elle demandait mais que (l'accord) est un bon équilibre entre les exigences de toutes les parties".
Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moallem a exprimé sa satisfaction, ajoutant que "la sécurité et la stabilité du Liban sont importantes et vitales pour la sécurité et la stabilité de la Syrie". En Iran, le porte-parole de la diplomatie Mohammad Ali Hosseini a qualifié l'accord d'"exemple d'intégration régionale débouchant sur la stabilité et la tranquillité".
A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a salué "un grand succès pour le Liban et pour tous les Libanais" et souhaité "que cet accord soit mis en oeuvre dans son intégralité, pour garantir son succès et jeter les bases d'une véritable réconciliation nationale".
Washington tentait de faire bonne figure malgré les concessions données par l'accord au Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et Israël. Le secrétaire d'Etat adjoint David Welch a ainsi salué "une étape nécessaire et positive".