National
29 mai 2008
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La jeune femme est saine et sauve et aurait été bien traitée par ses ravisseurs. Elle se trouve toujours à Haïti, mais devrait être de retour à Montréal vendredi.
Mme Lefebvre est une stagiaire canadienne pour l'organisation d'aide médicale Médecins du Monde.
Un porte-parole de la police des Nations unies, Fred Blaise, a précisé qu'elle avait été libérée dans la capitale haïtienne vers 22h30, mercredi soir, heure locale, mais que les circonstances de cette remise en liberté demeuraient inconnues pour l'instant.
M. Blaise a indiqué qu'elle avait été examinée par un médecin et qu'elle avait pu communiquer avec les membres de sa famille et ses collègues.
Nadia Lefebvre était en mission de courte durée en Haïti pour cette organisation médicale dont le siège social est à Paris.
Les ravisseurs de Mme Lefebvre avaient demandé une rançon, après l'avoir enlevée le 21 mai près de chez elle dans un quartier calme des collines près de la capitale. Les policiers ont toutefois refusé de dire si une somme d'argent a été versée pour obtenir sa libération, puisque cela pourrait compromettre leur enquête.
M. Blaise ajoute qu'aucune arrestation n'a encore été réalisée mais il a précisé que les policiers avaient communiqué avec les ravisseurs.
Un porte-parole de Médecins du Monde a indiqué que Nadia Lefebvre était en bonne santé et qu'elle avait hâte de rentrer chez elle à Montréal. "Nous sommes soulagés de la résolution rapide de cet incident troublant, a affirmé le psychiatre Nicolas Bergeron, président de Médecins du Monde Canada.
Il a ajouté que l'organisation et ses partenaires examineraient différentes mesures de sécurité, mais que Médecins du Monde ne prévoit pas rapatrier ses 70 employés travaillant en Haïti, malgré l'augmentation du nombre d'enlèvements.
Selon le Dr Bergeron, la majorité des employés de Médecins du Monde travaillent dans un hôpital de Cité-Soleil, situé dans l'un des secteurs les plus pauvres et les plus dangereux du pays.
Au début du mois de mai, les autorités canadiennes ont émis un avis aux voyageurs prévoyant se rendre en Haïti, leur suggérant d'éviter tout voyage non nécessaire dans ce pays.
Depuis environ deux ans, la pratique du kidnapping suivi d'une demande de rançon a pris de l'ampleur en Haïti. Selon les statistiques de la police des Nations unies, on note environ une trentaine d'enlèvements par mois dans ce pays.
Selon des experts, les enlèvements en Haïti découlent d'une pauvreté extrême et d'un haut taux de chômage. Quatre-vingt pour cent des habitants du pays vivent avec moins de 2 $ par jour.
Mercredi, le président d'Haïti, René Préval, a demandé à son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, de l'aider à lutter contre la hausse des cas d'enlèvements en lui envoyant plus de soldats et de policiers. Les Casques bleus brésiliens forment déjà la plus grande partie des 9000 membres de la force de maintien de la paix déployée en Haïti.