National
03 juin 2008
|
L'étude, diffusée mardi, visait à comparer le taux de participation des enfants en 1992 et en 2005. On a constaté une baisse importante, surtout dans les grands centres.
L'étude indique par ailleurs que plus le revenu familial et le niveau d'éducation des parents étaient élevés, plus le taux de participation dans les sports augmentait.
Jean Côté, qui se spécialise dans la socio-psychologie du sports à l'Université Queen's à Kingston, en Ontario, a dit ne pas être surpris des conclusions de l'étude.
"Le sport vient en compétition avec les ordinateurs, les jeux vidéo, la télé et bien d'autres activités en ce qui a trait au temps que les enfants ont à consacrer à leurs loisirs", a déclaré Côté en entrevue.
"Le temps des enfants est limité et les loisirs qui ont le dessus sont ceux qui sont les plus amusants. Il faut trouver des moyens de rendre le sport plus amusant."
Et c'est à ce niveau que les parents trop contrôlants et la société en général faillit à la tâche, selon Côté.
Et que ce soit à cause de la pression de performer ou des lois municipales qui interdisent le hockey dans la rue, il existe un contexte qui vient faire obstacle au désir des jeunes de participer à différents sports, a-t-il dit.
Outre le sport organisé, les enfants négligent de plus en plus les activités sportives spontanées, qui ont le don de donner le goût de la pratique sportive aux jeunes, et de développer leurs habiletés naturelles.
"Bien souvent, le sport est sur-organisé, a noté Côté. Les enfants ne tiennent pas nécessairement à la compétition. Ils veulent jouer, avoir l'occasion de faire preuve de créativité et avoir du plaisir."
L'étude de Statistique Canada a examiné le taux de participation chez deux millions d'enfants âgés de cinq à 14 ans en 1992 et en 2005.
Le soccer est le sport qui a été mentionné le plus souvent en 2005, tant chez les garçons que les filles, remplaçant ainsi la natation à ce titre.
En 2005, 51 pour cent des enfants ont régulièrement participé à des activités sportives organisées au cours des 12 mois précédant le sondage, comparé à un taux de 57 pour cent en 1992.
L'étude a permis de conclure que les garçons étaient plus enclins à participer à du sport organisé que les filles du même âge, même si l'écart entre les sexes a diminué.
En 1992, 66 pour cent des garçons participaient à un sport quelconque, taux qui a diminué à 56 pour cent en 2005. Le taux de participation des garçons a décliné à tous les âges, contrairement à ce qu'on a pu observer chez les filles.
Les filles de 11 à 14 ans avaient moins tendance à prendre part à une activité sportive en 1992, tandis que le taux de participation est demeuré à peu près le même dans les autres catégories d'âge.
L'étude a par ailleurs indiqué que 68 pour cent des enfants provenant d'un milieu à revenu familial élevé prenaient part à une activité sportive, comparativement à un taux de 44 pour cent chez les enfants dont la famille avait les revenus les plus modestes.
Environ 60 pour cent des enfants ayant au moins un parent qui a obtenu un diplôme universitaire prenaient part à une activité sportive, comparé à un taux de 42 pour cent chez les enfants dont les parents n'avaient qu'un diplôme d'études secondaires.
On retrouvait le taux de participation le plus élevé dans les Maritimes (61 pour cent) et les plus bas au Québec (48 pour cent) et en Colombie-Britannique (44 pour cent).
On n'a retrouvé qu'un taux de 47 pour cent dans les trois principales villes canadiennes, soit Montréal, Toronto et Vancouver. Les taux les plus élevés ont été constatés dans le municipalités de 10 000 à 50 000 habitants.
Le sport organisé est plus sécuritaire, moins coûteux et plus accessible dans les régions, a souligné Côté, ajoutant que de tels milieux offrent moins de choix en matière d'activités de loisir mais un meilleur soutien.