National
12 juin 2008
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C'est l'étonnant constat qui se dégage d'un sondage réalisé pour la Fondation Marie-Vincent, qui vient en aide aux enfants de moins de 12 ans victimes de maltraitance et d'agressions sexuelles.
Ainsi, l'enquête rendue publique jeudi nous apprend que plus de 95 pour cent des personnes interrogées auraient eu comme premier réflexe de dire à un enfant qu'il a bien fait de dire qu'il a été victime d'agression sexuelle, d'agression physique ou témoin de violence conjugale et auraient signalé l'affaire à la DPJ ou à la police.
Cependant, les responsables du sondage ont constaté avec inquiétude que près de la moitié des répondants étaient prêts à promettre à l'enfant de ne rien dire si celui-ci le leur demandait. Or, les spécialistes font valoir que c'est l'enfant qui souffrirait de l'absence d'intervention de l'adulte puisqu'il serait privé de services.
Les experts recommandent de signaler la situation aux autorité le plus rapidement possible afin d'assurer la sécurité de l'enfant et de permettre une intervention experte et objective.
"Quand un enfant fait un dévoilement, il faut le croire", a dit en conférence de presse Claude Girouard, chef de programme du Centre de santé et de services sociaux de l'Ouest-de-l'île à Montréal.
"Il prend la peine de rapporter ça. C'est un événement qui est extrêmement difficile à révéler. S'il prend le risque de le dire à un adulte, il faut que nous on prenne le risque de l'écouter comme une vérité. Et il faut le rapporter. C'est de notre responsabilité morale et légale de le signaler aux autorités", a-t-il ajouté.
Les données de la Fondation indiquent que 18 pour cent des filles et 10 pour cent des garçons sont victimes d'agression sexuelle. Une victime sur cinq a été agressée sexuellement une deuxième fois.
Un enfant sur cinq sera témoin de violence conjugale durant sa vie.
Le sondage a été réalisé par la firme Echo Sondage, entre le 23 avril et le 12 mai 2008, auprès de 1000 répondants. Sa marge d'erreur est de plus ou moins 3 pour cent.