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International | Samedi 26 jui 2008 | 12:12L'armée se déploie à Tripoli |
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Par Hussein Dakroub, THE ASSOCIATED PRESS
BEYROUTH - Des affrontements intercommunautaires entre militants sunnites et alaouites se sont poursuivis samedi à Tripoli (deuxième ville du Liban, dans le nord) pour la deuxième journée consécutive, faisant trois morts et 27 blessés selon des responsables libanais. Les combats qui ont éclaté vendredi à l'aube entre les combattants pro-gouvernementaux et les miliciens alaouites, proches du Hezbollah et des Syriens, ont fait depuis lors neuf morts et 42 blessés au total, ont ajouté ces responsables qui ont requis l'anonymat. Les Alaouites, une branche minoritaire de l'islam chiite, sont au pouvoir en Syrie dont ils constituent la colonne vertébrale du régime.
Samedi, le gros des combats a cessé peu avant la mi-journée, lorsque l'armée libanaise et la police, a commencé à se déployer en ville, leurs blindés prenant position entre les quartiers rivaux pour empêcher la poursuite des affrontements. Mais des tirs sporadiques retentissaient toujours dans la ville.
Le chef de la police nationale, le général Ashraf Rifi, a annoncé que policiers et soldats avaient reçu ordre du président Michel Sleimane et du Premier ministre Fouad Siniora de prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir l'ordre.
"L'armée ripostera à toute source de tirs et arrêtera tout homme armé", a-t-il déclaré à la presse. Des renforts policiers et militaires ont été déployés à Tripoli, où des patrouilles et barrages routiers vont être mis en place.
Une tentative de cessez-le-feu, sous la médiation du grand mufti du nord-Liban, Cheikh Malek al-Chaar, avait échoué vendredi, les affrontements se poursuivant entre les quartiers sunnite de Bab el-Tabaneh et alaouite de Jabal Mohsen.
Tripoli a été le théâtre de violences similaires au cours des semaines passées. Au début du mois, cinq personnes ont été tuées dans une nouvelle flambée de violences, qui avaient déjà fait neuf morts le mois précédent.
Les tensions restent élevées entre communautés et partis politiques au Liban, malgré la formation le 11 juillet d'un gouvernement d'union nationale, dans lequel le Hezbollah et ses alliés de l'opposition disposent d'un droit de veto. Après de difficiles tractations pour la distribution des portefeuilles, le deux camps s'affrontent désormais sur la déclaration de politique général censée servir de feuille de route du gouvernement, et notamment sur la question du désarmement des miliciens du Parti de Dieu.
En mai, de nouveaux affrontements entre militants du Hezbollah et partisans du gouvernement avaient fait au moins 81 morts à Beyrouth, plongeant une nouvelle fois le Pays du Cèdre au bord de la guerre civile.
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