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Bute s'impose par décision unanime face à Andrade... dans la controverse

Photo: Lucian Bute, à droite, et Librado Andrade luttent vendredi à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz

Sports | Samedi 25 oct 2008 | 11:18

Bute s'impose par décision unanime face à Andrade... dans la controverse

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Par Marc Tougas, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - Lucian Bute a conservé sa ceinture de champion du monde IBF des super-moyens, dans la nuit de vendredi à samedi au Centre Bell, mais de justesse.

Il a dominé d'un bout à l'autre, sauf dans la dernière minute du 12e et dernier round, quand il n'avait plus d'énergie et plus de jambes. Il a alors perdu tous ses moyens, ses yeux devenant hagards. Bute a ultimement été sauvé par la cloche et il s'en est tiré avec une victoire par décision unanime face à Librado Andrade.

Le Québécois d'origine roumaine a sauvé sa peau en fuyant Andrade sur le ring dans les dernières secondes, ce qui ne l'a pas empêché de tomber au tapis. L'arbitre Marlon B. Wright a toutefois pris plusieurs secondes pour évaluer son état, pendant que l'entraîneur Stéphan Larouche criait à son protégé de se relever à tout prix. Les derniers moments se sont écoulés et Bute s'en est tiré.

¼cf1"Pendant 11 rounds, j'ai suivi le plan de match, j'ai disputé un combat parfait, a déclaré Bute après l'affrontement. Dans le dernier round, je voulais donner un spectacle à la foule qui m'appuyait, prouver que je n'avais pas peur d'Andrade, peur de rien, que je pouvais rester avec lui."

"Lucian a appris une leçon ce soir, a reconnu Larouche. A la fin, on savait qu'il suffisait qu'il se lève à la fin pour qu'il gagne. Il s'est levé et l'arbitre a jugé qu'il était OK. Marlon Wright est reconnu comme un excellent arbitre, alors je ne vais pas contredire ses décisions."

Les juges ont donné l'avantage 117-109, 115-111 et 115-110 à Bute. Mais la fin du combat a donné une saveur plus amère à sa victoire.

Et donné lieu à beaucoup de controverse, de quoi faire jaser le monde de la boxe pendant plusieurs jours encore. Après le combat, David Itskowitch, le chef de l'exploitation de Golden Boy Productions, le promoteur d'Andrade, sommait l'IBF de décréter un match revanche, affirmant avoir été victime d'une décision tendancieuse de l'arbitre comme on n'en voit "qu'à tous les 20 ou 30 ans seulement", a-t-il avancé. Selon lui, Wright aurait dû déclarer le K.-O. même si le combat tirait à sa fin.

"Nous allons déposer un appel, a indiqué Itskowitch dans les minutes suivant le combat, aux petites heures du matin, samedi. Aux Etats-Unis, il y a la perception qu'il est impossible de venir au Canada et d'y obtenir une décision juste. Nous avons constaté ce soir que c'est bel et bien le cas."

"C'est non seulement un oeil au beurre noir pour la boxe québécoise, mais c'est un coup sous la ceinture", a ajouté Howard Grant, l'entraîneur montréalais qui a assuré la préparation d'Andrade pour le combat. "C'est comme si quelqu'un volait une banque, et qu'en plus de se pousser avec l'argent, il prenait la fuite alors que la police est là, mais ferme les yeux et le laisse aller."

"Je savais que je devais obtenir le K.-O. à ses dépens, que c'était ma seule chance de l'emporter contre lui, et je l'ai obtenu. Et la victoire m'a quand même glissé des doigts," a déploré Andrade. "Si je devais obtenir une revanche, je ne changerais absolument rien, parce que j'ai réussi ce que je voulais faire, et que je l'ai laissé faire ce qu'il voulait faire, sans qu'il réussisse à me faire mal une seule fois."

Reste qu'au bout du compte, pour le moment du moins, Bute (23-0-0, 18 K.-O.) a assuré avec succès la première défense obligatoire du titre qu'il a conquis le 19 octobre 2007 aux dépens d'Alejandro Berrio.

Andrade (27-2-0, 21 K.-O.) est maintenant 0-en-2 en combats de championnat du monde. Le 24 mars 2007, il n'avait pas réussi à ravir les titres WBA et WBC à Mikkel Kessler. Il est devenu l'aspirant obligatoire à la couronne de Bute le 22 mars dernier, quand il l'a emporté par K.-O. aux dépens de Robert Stieglitz.

Pour ce combat qui a commencé tout juste avant minuit parce qu'il était diffusé en direct par le réseau Showtime aux Etats-Unis, Bute a fait son entrée au son des premières notes de Time, la chanson de l'album Dark Side of the Moon de Pink Floyd. On a ensuite enchaîné avec Where the Streets Have No Name, de U2.

Le Québécois d'origine roumaine a alors été acclamé à tout rompre par les 16 266 spectateurs du Centre Bell.

Il a ensuite commencé à appliquer sa recette habituelle dès le premier round, profitant de sa vitesse et de sa mobilité pour contrôler le ring et les échanges. Bute a souffert un peu au cinquième, mais il a quand même réussi à garder le haut du pavé. Il a repris la maîtrise du combat au sixième, pour ensuite y aller d'une première longue combinaison à la fin du septième.

Visiblement plus fatigué que d'habitude au moment d'amorcer le dernier tiers de l'affrontement, Bute a néanmoins continué d'accélérer la cadence, comme il le fait habituellement à ce stade d'un combat. La foule a chanté "Olé-Olé-Olé" au 11e round, a scandé le nom de son champion au 12e, mais Bute crachait le sang dans les derniers instants. Il n'était qu'à un doigt de la victoire quand il s'est mis à tituber de façon inquiétante. Il était épuisé, vidé.

Il a toutefois réussi à se relever au moment propice, ce qui s'est avéré, au jugement de l'arbitre Wright, juste assez pour récolter la victoire quand même.

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