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La Caisse s'interroge sur les administrateurs de Power et de ses filiales

Économie | Mercredi 21 mai 2008 | 21:18

La Caisse s'interroge sur les administrateurs de Power et de ses filiales

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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - La Caisse de dépôt et placement du Québec s'interroge sur l'indépendance et l'assiduité de certains administrateurs de Power Corporation (TSX:POW), dont Paul Desmarais et Pierre Beaudoin.

En vue de l'assemblée annuelle des actionnaires de Power, tenue la semaine dernière, la Caisse s'est abstenue lors des votes sur la réélection au conseil d'administration de M. Desmarais, président du comité exécutif de la société, et de M. Beaudoin, président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique.

Pour justifier son abstention, l'institution a indiqué, dans son relevé de vote par procuration, que MM. Desmarais et Beaudoin n'avaient assisté qu'à 50 pour cent des réunions du conseil de Power en 2007 (trois sur six), "soit un taux d'assiduité insuffisant".

La Caisse s'est aussi abstenue quant à la réélection de Paul Desmarais fils et d'André Desmarais, soulignant qu'ils ne sont pas, à l'instar de leur père Paul, indépendants de la direction de l'entreprise - les deux fils sont cochefs de la direction. La Caisse n'y verrait pas d'inconvénient si la majorité des administrateurs de Power étaient indépendants, mais tel n'est pas le cas, mentionne-t-elle.

Curieusement, la Caisse soutient, plus loin dans son relevé, que les structures de gouvernance du conglomérat "permettent d'assurer l'indépendance du conseil par rapport à la direction". Elle ajoute que la question fait actuellement l'objet d'une révision par l'Autorité des marchés financiers.

En 2006, neuf des 17 membres du conseil d'administration de Power étaient indépendants de la direction, alors qu'en 2007, cette proportion est passée à huit sur 16 en raison du départ d'un administrateur indépendant, Paul Fribourg.

La Caisse s'est aussi gardée de soutenir la réélection de l'ancien premier ministre Daniel Johnson au conseil d'administration de la Financière IGM (TSX:IGM), filiale de Power spécialisée dans les fonds communs de placement. Dans un courriel transmis mercredi soir à la Presse Canadienne, la Caisse de Dépôt rappele qu'une circulaire de la Financière IGM indiquait que M. Johnson est "réputé ne pas être indépendant selon les lignes directrices des Autorités canadiennes en valeurs mobilières parce qu'il touche une rémunération de Power Corporation du Canada ou de la Financière Power".

Dans ce même courriel, la Caisse de dépôt fait d'ailleurs valoir que "ces votes se veulent le reflet de principes de gouvernance généralement reconnus, notamment par les autorités en valeurs mobilières, et que la Caisse applique de façon générale dans les entreprises où elle exerce ses droits de vote comme actionnaire".

Les dirigeants de Power Corporation contestent depuis plusieurs mois la règle des Autorités canadiennes en valeurs mobilières voulant que la majorité des membres des conseils d'administrations des sociétés soient indépendants de l'actionnaire de contrôle.

L'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada (RPC) s'est également abstenu d'appuyer la réélection de MM. Desmarais, Beaudoin et Johnson, alors que le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers) a voté en faveur.

Par ailleurs, la Caisse a appuyé la proposition mise de l'avant par la firme The Ethical Funds, de Vancouver, qui demandait à Power de justifier ses intérêts dans le géant pétrolier français Total, qui a des activités au Myanmar (ex-Birmanie). L'Office d'investissement du RPC a fait de même, mais Teachers s'y est opposé.

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