
Économie | Vendredi 05 sep 2008 | 19:35La Caisse nomme Guay à la présidence et réinjecte 563 millions $ dans BAA |
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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE
MONTREAL - Vu la volatilité extrême des marchés financiers depuis des mois, le nouveau président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Richard Guay, a tenu à réduire les attentes quant au rendement de l'institution en 2008. M. Guay, dont la nomination a été entérinée vendredi par le conseil des ministres, a par ailleurs révélé que la Caisse avait récemment réinjecté près de 600 millions $ dans la British Airports Authority (BAA), dont elle est actionnaire depuis 2006.
"Richard Guay, dans le climat actuel, c'est une valeur sûre", a lancé en conférence de presse la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, au sujet de celui qui était chef de la direction du placement de la Caisse depuis 2006. Elle a rappelé que M. Guay a dû gérer la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), un type de placement complexe dans lequel l'institution détient pas moins de 12,6 milliards $.
"Je vous assure que je n'ai pas hésité une seconde à faire la recommandation au premier ministre d'entériner le nom de Richard Guay", a-t-elle ajouté.
"C'est un homme d'envergure, extrêmement droit", a soutenu la ministre.
Pour la première fois, en vertu des modifications apportées à la Loi sur la Caisse de dépôt, c'est le conseil d'administration de l'institution, et non Québec, qui a mené le processus de recrutement. On a retenu les services d'une firme externe qui a examiné pas moins de 120 candidatures.
"Il y a eu un processus apolitique, le processus a été dépolitisé et donc aujourd'hui, on est face à une sélection qui est basée exclusivement sur l'expertise du candidat", s'est félicitée Mme Jérôme-Forget.
M. Guay, 47 ans, a admis que remplacer Henri-Paul Rousseau, qui passera chez Power Corporation (TSX:POW) au début de l'année prochaine, c'était "chausser des grands souliers".
Rendements à l'épreuve
C'est particulièrement le cas en cette année mouvementée, alors que les actions canadiennes sont en recul de 10 pour cent depuis le début de l'année. La situation est encore pire aux Etats-Unis (moins 15 pour cent) et en Europe (moins 25 pour cent).
"L'environnement économique et financier actuel est plus difficile que celui des dernières années", a-t-il affirmé d'emblée.
Or, les déposants de la Caisse (il y en a 25 en tout, dont le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics, le Régime de rentes du Québec, la Commission de la santé et de la sécurité du travail de même que la Société de l'assurance automobile du Québec) requièrent un rendement annuel moyen de sept pour cent pour subvenir à leurs besoins.
Comme 40 pour cent des actifs de la Caisse sont investis dans des obligations dont le rendement annuel ne dépasse pas quatre pour cent, les placements en actions, en immobilier et dans les infrastructures doivent rapporter gros, a noté Richard Guay.
S'il le faut, la Caisse accroîtra ses investissements dans les pays où les perspectives sont meilleures qu'au Canada, a-t-il précisé, tout en assurant qu'il ne négligerait pas la contribution de l'institution au développement économique du Québec.
Optimiste, le nouveau président ne désespère pas d'enregistrer un rendement positif dans les actions pour l'année en cours.
Quoi qu'il en soit, M. Guay croit que les turbulences actuelles rendent nécessaires des "ajustements" au sein de la Caisse. Il n'a pas donné de détails, mais a souligné qu'il s'agissait d'une de ses priorités, avec la préparation du plan stratégique 2009-11 de l'institution.
Dans le dossier de BAA, dans laquelle la Caisse a investi environ 2 milliards $ en 2006, M. Guay a reconnu qu'il y avait eu "quelques surprises défavorables". Dans le cadre du refinancement de la dette de BAA, la Caisse et les autres actionnaires du gestionnaire d'aéroports ont accepté de réinjecter des fonds dans son capital-actions.
Pour la Caisse, il s'est agi d'un montant d'environ 300 millions de livres, soit 563 millions $, davantage que prévu. "Aujourd'hui, le montant total qu'on a investi en capital-actions de BAA est du même niveau que ce qu'on a fait au début du processus en 2006", a tout de même relevé le président.
M. Guay détient un doctorat en économie financière et une maîtrise en économie de l'Université Queen's, en Ontario, de même qu'une maîtrise en finance de HEC Montréal, où il a enseigné pendant cinq ans.
Le nouveau président assurait l'intérim depuis le départ de M. Rousseau en mai dernier. Il travaille à la Caisse depuis 1995.
Henri-Paul Rousseau, qui dirigeait l'institution depuis le 1er septembre 2002, est resté conseiller du conseil d'administration et de la direction jusqu'au 31 août.
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