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Arts et spectacles | Samedi 24 mai 2008 | 14:28

Cannes: Sean Penn veut faire "tout le contraire" des Oscars

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THE ASSOCIATED PRESS

PARIS - Sean Penn, qui préside le jury du Festival de Cannes, entend "s'émanciper des effets de mode" pour "être honnête" et faire "tout le contraire de l'Académie des Oscars" dans l'élaboration du palmarès, attendu dimanche.

"Nous devons faire tout le contraire de l'Académie des Oscars, dont les palmarès relèvent d'un art consommé de la manipulation, d'un très bon marketing", a-t-il expliqué dans un entretien au journal "Le Monde" daté de dimanche-lundi.

Si d'une manière générale l'accent est mis "sur l'expérience cinématographique" au sens le plus large, "des questions d'ordre politique sont soulevées par chacun des membres du jury à partir de films ou d'éléments filmiques qui, en surface, ne le sont pas", a souligné l'acteur.

Il avoue à ce propos être "ravi de ne pas avoir eu à siéger" au jury de 2004, qui, sous la présidence de Quentin Tarantino, avait décerné la Palme d'or à Michael Moore pour son film anti-Bush "Farenheit 9/11".

"Si j'avais été à sa place, ce cas m'aurait torturé."

Quant à savoir si la Palme a servi la cause de Michael Moore, Sean Penn se veut réaliste: "Il a perdu son combat, comme tous ceux qui ont lutté contre la guerre en Irak, moi compris".

Encore surpris que l'on confie la responsabilité du jury de Cannes "à un Américain, quel qu'il soit", il confie être "gêné par l'idée de compétition" et n'en revient toujours pas de "voir autant de films dans la même journée".

"Je ne suis pas un cinéphile. Je ne vais pas si souvent que cela au cinéma", a poursuivi l'acteur, prix d'interprétation à Cannes en 1997 pour son rôle dans "She's so lovely" et oscarisé en 2004 pour sa prestation dans "Mystic River".

Evoquant une "très bonne moisson de films" lors de cette 61e édition, le président du jury "regrette juste qu'il n'y ait pas plus de comédies dans la compétition". Il impute la sous-représentation de ce genre à "la défiance des distributeurs qui craignent que l'exposition cannoise nuise à leur film" mais aussi au "snobisme qui voudrait qu'une comédie ne puisse pas être un grand film".

Satisfait de son expérience à la tête du jury, il affirme pourtant que son meilleur souvenir de Cannes remonte à 1984, "la première fois que je suis venu". C'était alors son premier voyage en Europe: "Personne ne me connaissait. J'ai beaucoup bu, j'ai vu un seul film: 'Il était une fois en Amérique'. Je me suis amusé comme un fou, je me promenais partout."

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