
Économie | Mardi 15 jui 2008 | 14:10Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'économie américaine |
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Par Martin Crutsinger, THE ASSOCIATED PRESS
WASHINGTON - Taux d'inflation record sur un an, progression minimale des ventes au détail, incertitude sur les marchés financiers... Deux jours après l'annonce d'un plan de sauvetage des géants Fannie Mae et Freddie Mac, les mauvaises nouvelles économiques ont de nouveau marqué la journée de mardi aux Etats-Unis. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a confié que les "nombreuses difficultés" actuelles posaient un "défi important" aux économistes de la Fed.
Les prix à la production ont ainsi progressé de 1,8 pour cent aux Etats-Unis en juin sous l'effet de la hausse des coûts des carburants et des denrées alimentaires, et ont grimpé de 9,2 pour cent sur les 12 derniers mois, un record depuis 1981, selon les chiffres dévoilés mardi par le département du Travail. Hors alimentation et pétrole, les prix ont augmenté de 0,2 pour cent en juin, soit un peu moins que les prévisions des économistes.
Dans le même temps, le département du Commerce a annoncé que les ventes au détail n'avaient progressé que de 0,1 pour cent le mois dernier, alors que les analystes avaient misé sur une progression déjà faible de 0,4 pour cent. Un gain minimal alimenté par la baisse de 3,3 pour cent des ventes d'automobiles chez les concessionnaires, elle-même due à la hausse du prix des carburants et aux bouleversements du marché automobile américain. Les ventes au détail ont en revanche été soutenues par un bond de 4,6 pour cent des ventes dans les stations-service, conséquence du prix élevé de l'essence.
De quoi faire dire à Ben Bernanke que l'économie américaine, fragilisée depuis l'année dernière par la crise des prêts hypothécaires à risque, reste confrontée à de "nombreuses difficultés", parmi lesquelles les tensions sur les marchés financiers, la hausse du chômage et la crise du secteur immobilier.
Car la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation accroît les risques d'inflation, a expliqué M. Bernanke devant la Commission bancaire du Sénat. Mais il faut dans le même temps s'efforcer de soutenir la croissance, sans faire repartir l'inflation. D'où un casse-tête pour le comité de politique monétaire de la Fed, que Ben Bernanke a qualifié de "défi important".
Ainsi, selon le président de la banque centrale américaine, la crise du secteur immobilier et le resserrement des conditions de crédit risquent d'avoir des conséquences négatives pour la croissance en 2008 - qui devrait s'élever à 1,6 pour cent au mieux. L'inflation, elle, demeure élevée et "il semble probable qu'elle augmente encore temporairement au prochain trimestre". Quant au chômage, il pourrait grimper cette année à 5,7 pour cent, selon les projections de la Fed.
A cela s'ajoute l'instabilité des marchés financiers. A la Bourse de New York, l'indice Dow Jones des principales valeurs industrielles était en baisse de 1,63 pour cent lors des cotations de la matinée, à 10 874,68 points. Et le dollar a battu un nouveau record de faiblesse par rapport à l'euro, à 1,6038 dollar pour un euro (contre 1,6018 le 22 avril, date du précédent record).
Or, pour Ben Bernanke, "de manière générale, une croissance économique saine dépend du bon fonctionnement des marchés financiers". En conséquence, "aider les marchés financiers à revenir à un fonctionnement plus normal continuera à être une priorité", a-t-il averti.
Ces propos interviennent deux jours après l'intervention de la Fed et le département du Trésor pour sauver les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, menacés d'effondrement en raison de la crise du crédit immobilier et de rumeurs sur leur santé financière. Dans le cadre de ce plan, la Réserve fédérale permettra aux deux sociétés d'emprunter de l'argent au même taux que les banques commerciales et les grosses institutions financières de Wall Street. Le Trésor envisage quant à lui de relever sa ligne de crédit et d'investir dans ces deux piliers de l'immobilier américain si besoin était.
Mais le secrétaire au Trésor Henry Paulson a indiqué que le plan n'avait vocation à être mis en oeuvre qu'en cas de besoin. Tout soutien financier de l'administration se fera "selon des conditions qui protègent le contribuable américain", a-t-il assuré.
Pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac, qui détiennent ou garantissent 5300 milliards $ de crédits hypothécaires immobiliers, soit environ la moitié du total aux Etats-Unis, le président George W. Bush a, lui, appelé mardi le Congrès à adopter rapidement un autre plan qui prévoit la modernisation de l'administration fédérale de l'immobilier, ainsi que la création d'un nouveau régulateur et le renforcement des contrôles sur Fannie Mae et Freddie Mac.
Il a toutefois tenté de rassurer l'opinion. "Je pense que le système est fondamentalement solide, je le pense vraiment", a-t-il déclaré.
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