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International | Vendredi 09 mai 2008 | 14:43Au moins 14 morts et 20 blessés au troisième jour de violences à Beyrouth |
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Par Bassem Mroue, THE ASSOCIATED PRESS
BEYROUTH - Dans une violente démonstration de force du Hezbollah, les militants chiites se sont emparés de la quasi-totalité des quartiers musulmans de Beyrouth, après trois jours d'affrontements avec les partisans sunnites du gouvernement qui ont fait au moins 14 morts et plus d'une vingtaine de blessés. Les heurts s'étaient apaisés vendredi soir alors que l'armée libanaise commençait à se déployer dans le calme dans certaines zones abandonnées par les militants pro-gouvernementaux.
Le bilan s'est alourdi avec la mort de trois personnes, dont deux alliés druzes du Hezbollah tués dans une fusillade dans la banlieue sud-est de la capitale vendredi soir après la prise de contrôle du Hezbollah.
Un allié du Hezbollah a fait savoir que le groupe entendait se retirer, au moins partiellement, des zones occupées dans la nuit et la matinée de vendredi, laissant entendre que le mouvement chiite pro-syrien ne comptait pas prendre le contrôle permanent de ces quartiers. Mais avec ces affrontements qui ont réveillé une nouvelle fois le spectre de la guerre civile au Liban, le Parti de Dieu semble vouloir prendre l'ascendant après plusieurs mois de crise politique libanaise et de bras de fer avec le gouvernement de Fouad Siniora.
Les responsables sunnite Saad Hariri et druze Walid Joumblatt étant assiégés dans leurs résidences dans l'ouest de Beyrouth, des responsables de la majorité ont tenu une réunion d'urgence dans une localité de la montagne au coeur du pays chrétien au nord-est de Beyrouth, selon la chaîne chrétienne pro-gouvernementale LBC TV.
Après la réunion, ils ont appelé dans un communiqué l'armée à reprendre le contrôle des rues et exhorté les pays arabes et la communauté internationale à faire pression sur les pays qui soutiennent le Hezbollah, soit l'Iran et la Syrie.
"Ce sanglant coup d'Etat vise à faire revenir la Syrie et au Liban et placer l'Iran sur la Méditerranée", dénonce le communiqué lu par le responsable chrétien Samir Geagea. "La violence ne nous terrorisera pas mais augmentera notre détermination", souligne le texte qui argue que la prise de contrôle du Hezbollah viole la Constitution du Pays du Cèdre.
Le Premier ministre Fouad Siniora serait également retranché avec plusieurs de ses ministres dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l'armée et de la police.
Le Hezbollah a manifesté sa puissance avec des actions d'éclat vendredi matin, ses hommes et ceux de son allié du Amal prenant le contrôle de la chaîne Future TV du principal responsable sunnite Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire anti-syrienne. La chaîne a cessé d'émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah.
Dans l'après-midi, un bâtiment abritant les archives de Future TV dans le quartier de Raouché (ouest) a également été attaqué. Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont été incendiés par des hommes de l'opposition.
Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri dans le quartier de Koreitem.
Par ailleurs, un groupe d'hommes armés a tiré une dizaine de balles sur la statue représentant son père, l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné dans un attentat sanglant en 2005. La statue avait été installée en février.
L'armée libanaise s'est largement tenue à l'écart des affrontements. Plus tard dans la journée, les soldats libanais ont pris position dans certains quartiers sunnites abandonnés par les groupes pro-gouvernementaux.
Les militants du Hezbollah ont célébré leurs victoires dans les rues désertées de Beyrouth. Une centaine d'entre eux, en tenue camouflage et portant des fusils d'assaut, ont descendu notamment la rue Hamra, artère chic commerçante normalement animée dans un quartier à majorité sunnite de la capitale.
Face à l'aggravation de la situation dans le pays du Cèdre, une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe au Caire aura lieu dans deux jours pour discuter de la crise, a annoncé Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a dénoncé un "coup de force" du Hezbollah à Beyrouth-Ouest et indiqué de son côté que la France pourrait tenter avec l'Espagne et l'Italie une initiative tripartite pour ramener le calme au Liban.
Le Liban connaît une grave crise politique depuis le départ en novembre du président pro-syrien Emile Lahoud qui n'a pas été remplacé depuis, faute d'accord entre la majorité anti-syrienne et les partis fidèles à Damas. Les derniers troubles ont éclaté après que le gouvernement de Fouad Siniora eut déclaré illégal le réseau de télécommunication militaire du Hezbollah, jugeant qu'il menaçait la sécurité de l'Etat.
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