
Économie | Mercredi 06 aoû 2008 | 19:15Ottawa permet la commercialisation de camions électriques à basse vitesse |
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Par Karine Fortin, LA PRESSE CANADIENNE
OTTAWA - Les petits camions électriques comme ceux que produit l'entreprise québécoise Nemo pourront enfin être commercialisés au Canada grâce à une modification réglementaire qui les inclut dans la catégorie des "véhicules à basse vitesse" ou VBV. Leur usage devra toutefois être balisé par les provinces, qui sont responsables de l'immatriculation.Les habitudes de déplacement des Canadiens doivent changer et l'utilisation de véhicules qui ne produisent pas d'émissions en fait partie, a fait valoir mercredi le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, lors d'un point de presse dans un centre d'essais routiers du gouvernement, à Ottawa.
Le ministre a toutefois insisté sur l'importance d'assurer la sécurité des usagers de ces véhicules dont la vitesse maximale est normalement inférieure à 40 km/h et qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences que les automobiles, que ces dernières carburent à l'essence, au diesel, au propane ou au gaz naturel.
S'il n'en tenait qu'au fédéral, les camions légers ne pourraient pas côtoyer les voitures et camions de livraison sur l'asphalte des villes. Leur usage serait plutôt limité aux parcs, bases militaires et campus universitaires où les risques de collision avec des véhicules plus lourds et plus rapides sont moindres.
"Nous avons recommandé aux provinces d'être prudentes en déterminant l'usage approprié des véhicules dans certaines zones à basse vitesse et à faible risque", a expliqué le directeur de la sécurité routière à Transport Canada, Kash Ram.
A l'évidence, cette suggestion ne sera pas suivie à la lettre. Dans le cadre d'un projet pilote de trois ans, le Québec autorise en effet depuis la fin juin les conducteurs de VBV à rouler sur les routes dont la limite de vitesse est inférieure à 50 km/h.
Les VBV devront être munis du triangle orange qui identifie les véhicules lents, ils devront circuler sur la voie de droite sauf pour effectuer un virage à gauche et leurs phares devront être allumés en tout temps. De plus, le conducteur devra être titulaire d'un permis de conduire de promenade et le véhicule devra être immatriculé.
En dépit de ces bémols, l'élargissement de la définition de "véhicule à basse vitesse" constitue une bonne nouvelles pour les deux manufacturiers canadiens de camions électriques légers, Nemo de Sainte-Thérèse et CEV de Victoria, qui se battent depuis des années pour avoir le droit de vendre leur produit au pays.
Ces fabricants devront cependant affronter la concurrence de sociétés étrangères, qui obtiennent elles aussi accès au marché canadien.
Pour sa part, le Bloc québécois s'est désolé de ce que le gouvernement fédéral ne se soit pas engagé à acheter des VBV pour "écologiser" sa gigantesque flotte de 26 000 véhicules.
"C'est une bonne nouvelle, mais on ne fait que rattraper un retard par rapport à d'autres pays dont l'Europe, a fait valoir le porte-parole du parti en matière d'Environnement, Bernard Bigras. On est un peu déçus qu'il n'y ait pas d'engagement ferme. Le ministre Cannon aurait pu donner l'exemple."
La camionnette Nemo, qui a une capacité de charge d'une demi-tonne, a une autonomie de 115 kilomètres et on évalue le coût d'une utilisation quotidienne à environ 0,75 $. Sa rivale fabriquée par CEV n'est pas encore commercialisée.
La catégorie des VBV comprend aussi la Zenn, une deux places de type hatchback offrant un coffre de 13 pieds cubes, qui a une autonomie de 60 kilomètres. Elle est fabriquée à Saint-Jérôme.
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