
![]() Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques BoissinotNational | Jeudi 17 avr 2008 | 18:27Pauline Marois souhaite se débarrasser de son image de bourgeoise hautaine |
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Par Martin Ouellet, LA PRESSE CANADIENNE
Québec - Pauline Marois souhaite que son autobiographie, tout juste sortie des presses, lui permettra de se débarrasser une fois pour toutes de l'image de "Castafiore" qui lui colle à la peau. "Je suis une femme simple", a dit jeudi la chef du Parti québécois (PQ) quelques heures avant de lancer au Salon du livre de Québec un ouvrage autobiographique d'un peu plus de 250 pages intitulé simplement "Québécoise!".
Dans un style très "politically correct", Mme Marois raconte des moments choisis de son cheminement personnel et professionnel, de sa naissance à Québec en 1949 à son accession à la direction du PQ à l'été 2007.
La chef péquiste ne s'en cache pas: en se "livrant" de la sorte au grand public, elle espère s'affranchir de sa réputation de châtelaine extravagante qui regarde la plèbe de haut. Bref, elle tente de se défaire de l'image de la Castafiore, la cantatrice insupportable des aventures de Tintin.
"J'espère que ça brisera cette image (et) éloigner un peu en même temps cette impression que l'on a de moi que je suis une femme qui pèse sur un bouton et que tout tombe tout cuit dans mon assiette", a dit Mme Marois, au cours d'une rencontre avec quelques représentants des médias, dont La Presse Canadienne.
La leader souverainiste admet que son statut de femme plusieurs fois millionnaire, affectionnant fourrure, foulards et bijoux, a nui considérablement à sa carrière politique. Cette image, croit-elle, a certainement contribué à sa défaite aux mains d'André Boisclair lors de la course à la direction du PQ en 2006.
"Les médias ne cessaient de parler de mes foulards, mes bijoux, la couleur de mes tailleurs, ma coiffure, mon poids, créant la fausse image d'une grande bourgeoise loin du monde", souligne-t-elle à la page 221 de "Québécoise!".
André Boisclair, qui traînait pourtant un passé de ministre consommateur de cocaïne, n'a pas eu à souffrir d'un tel problème d'image pendant sa campagne au leadership. Bien au contraire, cette histoire de coke a fini par jouer en sa faveur, relate Mme Marois.
"Elle provoqua, chez une partie de la population et des membres du Parti québécois, un fort courant de sympathie envers André Boisclair, perçu comme une victime de l'acharnement des médias. Le jour où un sondage confirma cette réaction de la population, je me suis dit que la bataille était perdue pour moi", écrit-elle.
Aujourd'hui, les choix vestimentaires de Pauline Marois se démarquent par leur sobriété. En public, elle ne porte plus que de simples tailleurs. Son maquillage est subtil et ses bijoux discrets. A cet effet, elle dit s'être inspirée des conseils de Lise Payette.
Dans son autobiographie, Mme Marois témoigne notamment des années au pouvoir ou dans l'opposition des René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry. Elle ne dévoile que bien peu de choses qui n'étaient pas déjà connues.
Parmi les rares révélations, elle raconte s'être opposée à ce que Lucien Bouchard, alors en pleine fièvre du déficit zéro, revoie les conventions collectives signées avec les syndicats du secteur public dans le milieu des années 1990. M. Bouchard avait finalement écarté cette possibilité, non sans que sa ministre ne menace de démissionner le cas échéant.
Pour l'essentiel cependant, Pauline Marois n'a que de bons mots pour MM. Lévesque, Parizeau et Bouchard. Si elle se montre un peu plus critique à l'endroit de Bernard Landry, elle évite soigneusement de régler ses comptes. Comme elle le dit elle-même, son autobiographie ne contient rien de "croustillant" à cet égard.
Mme Marois accorde une place considérable aux jours qu'elle coule depuis 1969 avec son mari Claude Blanchet, ancien patron de la Société générale de financement (SGF) et leurs quatre enfants.
De cette façon, elle veut convaincre le lecteur que son quotidien de mère et d'épouse, même dans un manoir d'un luxe hors du commun, est le même que celui du commun des mortels.
"Je suis une femme engagée, je sais d'où je viens, et malgré tout ce qu'on peut dire au sujet de la bourgeoisie, je suis une femme simple qui aime la vie", a-t-elle dit.
Du reste, cette volonté pressante de se dissocier de la grande bourgeoisie au profit de la masse des petites gens se reflète jusque dans le titre de l'ouvrage, "Québécoise!".
"C'est un clin d'oeil, je suis une femme québécoise, comme des milliers de femmes québécoises et j'ai vécu la même chose que vous autres, c'est un peu ça. J'ai eu quatre enfants, j'ai eu des moments difficiles dans ma vie, j'ai vécu toutes les étapes de la libération des femmes", a-t-elle dit.
L'autobiographie de Pauline Marois, agrémentée de plusieurs photographies, est éditée par la maison Fides. Elle a été tirée à 15 000 exemplaires.
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