
Sports | Mercredi 13 aoû 2008 | 11:27Pékin: huit militants pro-Tibet interpellés près d'un site olympique |
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THE ASSOCIATED PRESS
PEKIN - Un journaliste britannique a été jeté à terre et brièvement retenu par les policiers alors qu'il tentait de filmer la manifestation de huit militants pro-Tibet qui ont été interpellés près d'un site olympique à Pékin. Sept des militants étaient de nationalité américaine, la huitième une Tibétaine détenant la citoyenneté japonaise, selon Lhadong Tethong, directeur exécutif de l'association de défense des droits de l'Homme Students for a Free Tibet (SFT, Etudiants pour un Tibet libre), qui organisait la manifestation. L'organisation a dit ne pas avoir de nouvelles des huit militants depuis leur interpellation.
John Ray, journaliste de la chaîne britannique ITV a raconté qu'il s'était précipité pour entrer dans le Parc de la culture ethnique proche du Stade national, où deux manifestants déployaient une banderole avec l'inscription "Free Tibet" sur un pont. Cinq autres militants avaient bloqué l'entrée du parc, qui présente une exposition liée au Tibet, en s'enchaînant les uns aux autres ainsi qu'à des vélos. Un sixième militant était chargé d'expliquer les raisons de la manifestation.
John Ray, 44 ans, a rapporté avoir été bloqué par un policier et qu'un léger accrochage avait eu lieu, avant que les choses ne deviennent plus violentes avec l'arrivée de renforts policiers. "Ils m'ont porté hors du parc. Ils m'ont mis à terre, ils m'ont traîné et m'ont fait entrer dans un restaurant à côté", a-t-il dit, expliquant avoir répété aux forces de l'ordre qu'il était journaliste.
Il a ensuite été conduit à l'arrière d'une camionnette où une femme lui a demandé en anglais quelles étaient ses positions sur le Tibet. Il a alors redit qu'il était journaliste. "Ce n'est qu'à ce stade que j'ai pu sortir de ma poche mon accréditation pour les Jeux olympiques", a-t-il expliqué. "La porte de la camionnette s'est ouverte et je suis sorti et parti à pied".
Un responsable du service du porte-parole du Bureau de la sécurité publique de Pékin a expliqué que les policiers avaient confondu le journaliste avec un manifestant.
Lors d'un point de presse mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Qin Gang a lancé un ferme avertissement: "que vous soyez citoyens chinois ou étrangers, en Chine, si vous voulez faire des défilés ou des manifestations, vous devez respecter les lois et réglementations chinoises".
La porte-parole du Comité olympique international (CIO) Emmanuelle Moreau a dit que le CIO vérifiait les informations sur la "supposée agression" d'un journaliste britannique et était prêt "si nécessaire, à faire part de ses préoccupations aux autorités compétentes". "La position du CIO est claire: les médias doivent être libres de couvrir les Jeux olympiques".
Pour l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Frontières (RSF), "plusieurs incidents avec des journalistes étrangers, notamment l'agression" du journaliste britannique "montrent que les promesses de laisser la presse étrangère travailler dans de bonnes conditions sont vaines". Dans un communiqué, RSF a demandé "au Comité international olympique d'intervenir en faveur des citoyens chinois qui se trouvent en danger en raison de leurs prises de position".
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