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Présidentielle au Pakistan: Asif Ali Zardari favori pour succéder à Musharraf

International | Vendredi 05 sep 2008 | 15:00

Présidentielle au Pakistan: Asif Ali Zardari favori pour succéder à Musharraf

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Par Paul Alexander, THE ASSOCIATED PRESS

ISLAMABAD - Les parlementaires pakistanais se réunissent samedi pour élire un successeur à Pervez Musharraf, l'ex-homme fort du pays, qui a démissionné en août pour éviter de voir le Congrès lancer un procédure de destitution contre lui. Asif Ali Zardari, chef du Parti du peuple pakistanais et veuf de l'ancienne dirigeante de l'opposition Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, est donné favori. Mais il reste impopulaire au Pakistan, où l'on continue de le soupçonner de corruption.

Entre difficultés économiques et lutte contre l'extrémisme, le nouveau président n'aura pas la tâche facile. Samedi, Zardari sera confronté à deux adversaires qui ne devraient guère lui faire d'ombre. "Etant donné que nous avons le soutien de plus de 400 parlementaires sur environ 700, ce sera une victoire facile pour Asif Ali Zardari", a assuré à l'Associated Press le porte-parole de son parti, Farhatullah Babar.

Le PPP fait partie d'une coalition arrivée au pouvoir en février lors d'élections législatives, en s'appuyant essentiellement sur un programme anti-Musharraf. Aucun changement politique majeur n'est attendu, alors que le parti de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif a déjà quitté la coalition.

Zardari, généralement considéré comme pro-occidental, ne devrait pas non plus remettre en cause l'engagement du Pakistan à se tenir aux côtés des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, malgré un raid mené par des militaires américains mercredi contre des talibans présumés dans une zone tribale près de la frontière afghane, qui a fait au moins 15 morts. Cette opération, considérée comme une violation de la souveraineté du Pakistan, a été largement condamnée dans le pays.

Zardari a critiqué ce raid, réclamant une compensation financière pour les victimes. Mais il a aussi exprimé sa sympathie pour les Etats-Unis et les autres pays qui ont été frappés par des attaques terroristes, affirmant que le Pakistan souffrait aussi de la violence d'extrémistes.

Sa réaction montre la position délicate des dirigeants pakistanais, en raison de la dépendance du pays vis-à-vis de l'aide des Etats-Unis. Certains responsables américains estiment que la destruction de bastions rebelles dans des régions tribales du Pakistan est nécessaire pour mettre fin à la guérilla menée par les talibans en Afghanistan.

Pour Zafar Ali Shah, un parlementaire du parti d'opposition de Nawaz Sharif, le Pakistan devrait dire à l'Amérique: "Assez, c'est assez, et nous ne vous aiderons pas si vous tuez notre peuple. La guerre américaine contre le terrorisme est devenue une guerre contre le Pakistan".

"Nous avons été très clair sur le fait que toute action de ce côté de la frontière devrait être menée par les forces pakistanaises elles-mêmes", a souligné pour sa part le porte-parole du PPP, Farhatullah Babar. "C'est très embarrassant pour le gouvernement. Le peuple va commencer à reprocher cela au gouvernement du Pakistan".

Depuis plusieurs semaines, le Pakistan est touché par une nouvelle vague de violences. Jeudi, l'armée pakistanaise a annoncé avoir tué 37 militants islamistes au cours de combats et bombardements dans le nord-ouest du pays.

La veille, des coups de feu avaient été tirés sur la voiture du Premier ministre pakistanais Yousuf Reza Gilani près de la capitale Islamabad. L'attaque s'est produite alors que le convoi se rendait à l'aéroport pour récupérer le Premier ministre, qui revenait de Lahore.

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