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Le ralentissement américain nuit aux emplois du Québec et de l'Ontario

National | Vendredi 04 avr 2008 | 17:00

Le ralentissement américain nuit aux emplois du Québec et de l'Ontario

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Par Julian Beltrame, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Le marché du travail canadien a montré quelques signes de ralentissement en mars, la crise économique américaine ayant affecté la croissance de l'emploi dans le secteur manufacturier de l'Ontario et du Québec.

Dans l'ensemble, le marché de l'emploi a tout de même connu un mois positif, avec la création de 14 600 nouveaux emplois au pays. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage, atteignant six pour cent. Selon Statistique Canada, c'est l'entrée massive de nouveaux venus sur le marché du travail qui a fait monter ce taux.


Les postes à temps partiel forment toutefois la majorité des emplois créés. Quelque 19 600 emplois à temps plein ont été perdus au Canada. L'Ontario et le Québec, dont les économies sont axées sur l'exportation, ont perdu 47 000 emplois à temps plein.


"Ce n'est certainement pas un désastre, a affirmé Avery Shenfeld, économiste principal à la CIBC. Mais le centre du Canada a ressenti les impacts de la crise aux Etats-Unis, ce qui pourrait indiquer une tendance."


De nouvelles données publiées vendredi laissent croire que les Etats-Unis sont entrés dans une légère récession. Les employeurs américains ont ainsi compté 80 000 personnes de moins sur leurs listes de paie au mois de mars. Il s'agit du plus important recul en cinq ans et la troisième baisse en trois mois.


Les prévisions économiques de la Banque Royale (TSX:RY), annoncées jeudi, ont indiqué que l'économie du Canada devrait croître de 1,6 pour cent cette année, une baisse en comparaison à 2007. Le Québec et l'Ontario devraient être les plus durement touchées en raison de leur dépendance envers les exportations aux États-Unis.


Le dollar canadien a peu réagi à l'annonce des données sur l'emploi, augmentant légèrement à l'ouverture des marchés. Il a finalement clôturé en baisse de 0,48 cent US, à 99,08 cents US.


L'économiste de la Banque Royale Paul Ferley croit qu'après deux mois d'importantes hausses d'emplois, il est normal que la croissance soit maintenant plus modérée. "Pour assurer de limiter les conséquences d'une économie américaine affaiblie, on s'attend à ce que la Banque du Canada continue de baisser les taux d'intérêt", a-t-il souligné.


Le Congrès du travail du Canada a quant à lui une vision plus pessimiste que les économistes des banques, surtout en raison des difficultés du secteur manufacturier. L'organisme croit que le gouvernement doit élaborer une stratégie de création d'emplois pour atténuer les impacts d'une récession américaine.


"Les statistiques dévoilées aujourd'hui prouvent que la récession aux États-Unis déborde jusqu'au Canada, surtout en Ontario, au Québec et dans les Maritimes", a dit l'économiste Andrew Jackson. Il souligne que seules l'Alberta et la Colombie-Britannique ont enregistré des hausses appréciables de l'emploi en mars, tandis que le Québec a perdu 22 000 emplois à temps plein et l'Ontario, 25 000.


"Ce sont de gros changements en un mois, a-t-il dit. Nous avons perdu 9400 emplois dans le secteur manufacturier en mars, et 24 000 emplois à temps plein chez les jeunes."


Au Québec, le taux de chômage a augmenté de 0,3 point pour s'établir à 7,3 pour cent. Il a aussi grimpé de 0,3 point en Ontario, à 6,4 pour cent. Au Nouveau-Brunswick, le taux de chômage a grimpé de 0,4 point à 8,5 pour cent.


Le nombre d'heures travaillées a baissé de 0,9 pour cent en mars, et les augmentations de salaire ont descendu de 4,9 pour cent sur une année à 4,7 pour cent.


Dans la dernière année, 325 000 nouveaux emplois ont été créés, avec deux fois plus de postes à temps plein qu'à temps partiel, selon Statistique Canada.

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