
Voyages | Lundi 26 fév 2007 | 07:00Tibet : le plus haut lieu de la Terre |
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Partir de Katmandou au Népal pour filer vers Lhassa au Tibet est une aventure périlleuse! Du Népal au Tibet, il vous faut changer de véhicule puisque les Népalais ne sont pas autorisés à circuler au Tibet. L'échange se fait à la frontière, au pont de l'Amitié. Quelle dérision de l'appeler ainsi! Il n'y a qu'à voir l'attitude hostile des Chinois communistes qui, ayant envahi le Tibet, s'imaginent encore à l'heure de Mao! Plusieurs Tibétains pensent que ces soldats de la métropole leur sont envoyés en guise de punition pour leurs velléités d'indépendance.
Nous sommes donc pris en charge par un service touristique chinois autorisé. Et c'est en camion ou en Jeep qu'il faut entreprendre cette odyssée à couper le souffle au fil d'une piste le plus souvent juchée à des altitudes aberrantes. Une fois rendu sur le plateau de l'Hassan, notre véhicule à bout de souffle aura grimpé à plus de 5000 m! La piste, par endroits glacée, provoque des glissements au bord d'un précipice d'au moins 1000 m! Consolations les paysages sont grandioses! Certains pics dépassent les 8000 m! Parmi les 217 glaciers que nous croisons (c'est notre guide qui l'a dit) celui de Rongbu est le plus imposant. À pareille altitude, il devient difficile de respirer et au grand vent, il fait -55 °C! Les roues de notre véhicule restent prises dans la glace. Nous devons pousser, mais la rareté de l'oxygène nous laisse vite à bout de force. Un camion qui s'amène nous sort du pétrin.
Heureusement, la montée progressive en altitude pendant quelques jours facilite notre acclimatation. À Zhangmu, notre guide nous prévient : «En territoire chinois (occupé), certaines restrictions sont de mise quant aux gestes et paroles qui pourraient blesser l'unité nationale ou les affaires internes chinoises!» Après une nuit dans un hôtel rudimentaire, nous rencontrons ces sympathiques petits hommes bourgogne que sont les moines tibétains. On se croirait au pays de Hergé dans Tintin. La lamaserie, par son architecture, nous trempe dans un autre monde!
Derrière ses murs, de nombreuses complaintes à l'égard de l'armée d'occupation. En route pour Lhassa, les plaines sont parsemées de troupeaux de chèvres, de moutons et de yaks, ces surprenants ruminants aux longs poils qui constituent le principal élevage du Tibet.
Que peuvent bien faire les soldats chinois dans ce pays où tout est si rudimentaire et pauvre? «C'est simple, ils croient qu'il y a du pétrole et pour eux, c'est une façon de surveiller le Népal et l'Inde», d'expliquer notre guide. Sous la tente, des nomades boivent le lait du yak, mangent sa viande et travaillent son cuir pour se vêtir.
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